Étretat en automne, la saison où les falaises redeviennent silencieuses
Trois choses changent ici à partir d’octobre : les stations balnéaires redeviennent calmes, la lumière prend le blanc des falaises autrement, et la campagne autour vire au roux. Le site est le même qu’en août. L’ambiance n’a plus rien à voir.
Nous accueillons des voyageurs toute l’année au Clos des Hautes Loges, à cinq kilomètres de la mer et cinq minutes d’Étretat. L’automne nous amène surtout des couples et des familles, autour des vacances de la Toussaint et du pont de novembre. Beaucoup viennent pour la même raison : la mer et la campagne dans la même journée, et les randonnées entre les deux.
Ce que nous avons remarqué, c’est que les visiteurs d’automne arrivent presque toujours avec leur programme déjà fait. Leurs questions, ils nous les posent une fois sur place, au petit-déjeuner, pour ajuster leur journée. Cet article, c’est ce que nous leur répondons.
À quoi ressemble Étretat entre octobre et novembre
La bascule se fait vite. Passé les vacances de la Toussaint, le village change de rythme. Les groupes disparaissent, et il redevient possible de marcher vers la Manneporte sans croiser dix personnes.
Ce que vous gagnez, c’est d’abord le calme. Les stations balnéaires de la côte tournent au ralenti, et cela se sent dès qu’on arrive. Ensuite, la lumière. Le soleil reste bas toute la journée à cette période, et il frappe le blanc des falaises d’une manière qu’on ne voit à aucune autre saison. À l’intérieur des terres, la campagne cauchoise passe au roux au même moment. C’est ce contraste entre le blanc de la craie et les couleurs d’automne qui fait revenir certains de nos hôtes chaque année, toujours à la même période.
Ce que vous perdez, c’est la garantie du beau temps.
La météo réelle, sans enjoliver
Il pleut. Pas tous les jours, mais sur trois nuits, il faut partir du principe que ça arrivera au moins une fois.
Le vrai sujet sur la côte n’est pas la température, c’est le vent. Le plateau est exposé, et la marche y devient nettement moins agréable quand il souffle d’ouest. La proximité de la mer joue en votre faveur sur un point : la douceur tient plus longtemps ici qu’à l’intérieur des terres.
La nuit tombe tôt, en revanche. Après le changement d’heure fin octobre, il fait sombre en fin d’après-midi. Cela change l’organisation d’une journée bien plus que la pluie.
Ce qu’il faut mettre dans le sac
C’est le conseil que nous donnons systématiquement à ceux qui partent marcher dans la journée.
- Des chaussures fermées à semelle crantée. L’herbe du plateau est glissante quand elle est mouillée.
- Des vêtements confortables, en plusieurs couches. On a chaud en montant et froid une fois en haut.
- Une veste coupe-vent réellement imperméable. Un blouson de ville ne tient pas trente minutes face au vent d’ouest.
- Une bouteille d’eau. Il n’y a rien sur les sentiers.
- Un téléphone chargé, si vous marchez en fin d’après-midi.
Les falaises, dessus comme dessous : la seule vraie consigne
Nous le répétons à chaque petit-déjeuner, et nous continuerons.
En haut, respectez les barrières et les sentiers balisés. Le bord de falaise est instable, et la partie qui surplombe le vide n’est pas toujours celle qu’on voit. Approcher du rebord pour une photo est le geste qui met les gens en danger chaque année.
En bas, sur la plage, le risque est celui des chutes de pierres. La craie travaille en permanence, encore plus après une période de pluie ou de gel. On ne s’installe pas au pied de la paroi, et on ne s’abrite pas dessous quand il pleut.
Vérifiez aussi les horaires de marée avant de longer la plage. La mer remonte vite, et certains passages se ferment.
Ce ne sont pas des précautions théoriques. C’est la consigne locale, et la respecter ne coûte rien.

Trois marches quand la lumière tombe tôt
En automne, la contrainte n’est pas la distance mais l’heure. Voici trois itinéraires qui tiennent dans une demi-journée.
La falaise d’Amont et la chapelle. La plus courte. On monte depuis la plage par l’escalier, on rejoint la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, on redescend. Comptez environ une heure aller-retour sans se presser. C’est la marche à faire si le ciel est incertain : on peut faire demi-tour à tout moment.
La falaise d’Aval, l’Aiguille et la Manneporte. L’itinéraire classique, côté sud. La montée est plus longue, mais ce sont les points de vue que tout le monde a en tête. En automne, il est praticable en milieu de journée, ce qui n’arrive jamais en été. Deux à trois heures si vous poussez jusqu’à la Manneporte.
Le tronçon du GR21 vers le nord. Le plus sauvage et le moins fréquenté. Le sentier longe le haut de falaise, peu aménagé, très exposé au vent. À réserver aux marcheurs équipés, et à éviter par brouillard.
Et s’il pleut ? Deux villes à moins d’une heure
C’est la question qu’on nous pose le plus souvent en automne, et nous donnons toujours la même réponse.
D’abord, attendez un peu avant d’annuler votre journée. Sur cette côte, le temps change avec les marées, et une matinée bouchée ne dit rien de l’après-midi. Le mauvais temps dure rarement la journée entière.
Ensuite, si ça persiste, il y a deux directions.
Fécamp. Le musée des Pêcheries, qui raconte l’histoire de la ville et de la pêche à la morue, et le Palais Bénédictine, pour son bâtiment autant que pour la liqueur. De quoi remplir une journée complète sans remettre le nez dehors.
Le Havre, à moins d’une heure de la maison. Le port, le MuMa et sa collection impressionniste, l’église Saint-Joseph d’Auguste Perret, la Maison du Gouverneur, et Le Volcan, la salle de spectacle dessinée par Oscar Niemeyer. La ville est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa reconstruction, et une journée de pluie est un bon prétexte pour aller la comprendre.

Ces deux villes sont au bord de mer elles aussi. Il n’est pas rare d’y arriver sous la pluie et d’en repartir au soleil.
Où dormir quand la côte tourne au ralenti
Une partie des hébergements du front de mer réduit son activité en basse saison. C’est un problème pour le voyageur d’automne, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous restons ouverts toute l’année.
Nous sommes installés dans un manoir du XVIIIe siècle aux Loges, à cinq kilomètres de la mer. Quatre chambres d’hôtes dans la maison, petit-déjeuner inclus et parking sur place. Deux gîtes indépendants à l’écart, avec jardin, terrasse et poêle à bois, pour ceux qui préfèrent leur autonomie et cuisiner eux-mêmes.
Être à l’intérieur des terres change deux choses en automne. On a la campagne et ses couleurs devant la porte, et la mer à cinq minutes. Et on repart le matin avant que le premier car arrive au village.
Questions fréquentes sur Étretat en automne
Est-ce que ça vaut le coup de venir à Étretat en octobre ?
Oui, si vous venez pour les falaises, la marche et le calme. La lumière est basse, les sentiers sont dégagés et les stations balnéaires sont tranquilles. C’est moins indiqué si vous cherchez une ambiance animée avec toutes les terrasses ouvertes.
Que faire à Étretat quand il pleut ?
Attendez avant d’annuler, le temps change vite avec les marées. Si la pluie s’installe, Fécamp propose le musée des Pêcheries et le Palais Bénédictine. Le Havre, à moins d’une heure, offre le MuMa, l’église Saint-Joseph et Le Volcan d’Oscar Niemeyer.
Fait-il trop froid pour marcher sur les falaises en automne ?
Non. La douceur maritime tient tard dans la saison. Le facteur limitant est le vent sur le plateau, pas la température. Avec un coupe-vent correct et de bonnes chaussures, la marche reste confortable en octobre et en novembre.
Y a-t-il encore du monde à Étretat en automne ?
Beaucoup moins qu’en été, mais pas zéro. Les vacances de la Toussaint et le pont de novembre restent fréquentés, tout comme les week-ends ensoleillés. En semaine, hors vacances scolaires, vous aurez les sentiers presque pour vous.
Les falaises d’Étretat sont-elles dangereuses ?
Elles le deviennent si on ne respecte pas les consignes. En haut, restez sur les sentiers balisés et derrière les barrières. En bas, ne vous installez pas au pied de la paroi à cause des chutes de pierres, et vérifiez les horaires de marée.
Combien de jours prévoir pour un séjour d’automne à Étretat ?
Deux nuits suffisent pour les deux falaises et le village. Trois nuits permettent d’absorber une journée de pluie sans sacrifier une marche, et de pousser jusqu’à Fécamp ou Le Havre.

